Amorgos

PROVENANCE : Amorgos, découverte par le pappas D. Prasinos, d’Arkésiné, dans un champ en juin 1899..

DESCRIPTION : Tablette de plomb de 50 x 210 mm.

DATATION : IIe siècle av. J.-C..

BIBLIOGRAPHIE : T. Homolle, « Inscriptions d’Amorgos », BCH, 25, 1901, 412-456 ; G. Björk, Der Fluch des Christen Sabinus, Leipzig, 1938, 120-131 ; SGD, n°60 ; CTBS, n°75.

 

a. « Dame Déméter, ma Reine, voici ton suppliant, je tombe à tes pieds, comme ton serviteur. Mes esclaves, on les a attirés pour les induire à mal, on les a entrepris, endoctrinés, séduits, on s’est réjoui de mon mal, on les a excités à courir l’agora, on leur a prêché la fuite : c’est un certain Epaphroditos. Il a, lui encore, jeté un charme sur ma servante, si bien qu’il en a fait sa femme, contre ma volonté, et que pour cette raison elle s’est enfuie avec les autres.

            Dame Déméter, voilà ce que j’ai souffert ; dans ma solitude, je me réfugie vers toi ; accorde-moi un accueil favorable, fais que j’obtienne justice, ne permets pas que celui qui m’a ainsi traité trouve nulle part satisfaction dans le repos ni le mouvement, ni du corps, ni de l’esprit ; qu’il ne soit servi ni par esclaves, ni par servantes, ni par petits ni par grand ; s’il entreprend quelque chose, qu’il ne l’accomplisse pas ; que l’enchantement saisisse sa maison, la possède ; que pour lui l’enfant n’ait pas de cri ; qu’il ne dresse point sa table dans la joie ; que le chien n’aboie pas, que le coq ne chante pas ; s’il sème qu’il ne moissonne pas ; s’il fait mûrir des fruits, qu’il ne sache pas semer ; que pour lui ni la terre ni la mer ne portent de fruits, qu’il ne connaisse pas la joie heureuse, ni lui, et ce jusqu’à ce qu’il périsse, ni rien qui soit à lui. » 

            b. « Dame Déméter, je te supplie, j’ai souffert de l’injustice ; exauce-moi, déesse, prononce la juste sentence contre ceux qui nourrissent ces pensées et qui prennent plaisir à nous imposer des peines, à ma femme Epictésis et à moi : à ceux qui nous haïssent fais subir les plus terribles, les plus durs maux. Reine, exauce-nous, nous qui avons souffert, et punis ceux qui se plaisent à nous voir en cet état. »

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