Hadrumète, DT 271

PROVENANCE : Hadrumète.

DESCRIPTION : Tablette de 250 mm de côté.

DATATION : IIIe siècle ap. J.-C..

BIBLIOGRAPHIE : G. Maspero, « Sur deux tabellae devotionis de la nécropole romaine d’Hadrumète », BE, 2, 1893, 303-311; Cagnat, XXI, 1893, 397‑399, n.92 ; Deissmann, 25‑54 ; Wuensch, C.I.A., praef., XVII sq ; Cat. Alaoui, H, 27 ; CRAI, 1890, 334 ; Zingerle, Philologus, 53, 1894, 344 ; DT, n°271 ; CTBS, n°36.

 

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Trad. A. Bernand :

« Je t'adjure, esprit démoniaque ici gisant, par le nom sacré Aôth Abaôth, le dieu d'Abraham, et Iaô d'Isaac, Aôth Abaoth, le dieu d'Israël. Ecoute le nom précieux, redoutable et grand, et va‑t'en vers Urbanus, qu'a enfantée Candida, amoureux, affolé, ne dormant plus par passion pour elle et par désir, se languissant d'elle pour qu'elle revienne en sa maison à lui et soit sa compagne. Je t'adjure, grand dieu éternel et plus qu'éternel et maître de tout, le suprême des dieux suprêmes ; je t'adjure, toi qui as fondé le ciel et la mer ; je t'adjure, toi qui as mis les justes à part, je t'adjure, toi qui as divisé la mer de ta verge ‑ d'amener et de joindre Urbanus, qu'a enfantée Candida, amoureux, torturé, ne dormant plus par désir pour elle et par amour, afin qu'il la mène comme compagne en sa maison à lui. Je t'adjure, toi qui as fais que la mule ne mette point bas ; je t'adjure, toi qui as séparé la lumière de l'obscurité ; je t'adjure, toi qui as réduit les rochers en poudre ; je t'adjure, toi qui as fracassé les montagnes ; je t'adjure, toi qui maintiens la terre sur ses fondements ; je t'adjure, toi le saint nom qu'on ne dit pas ‑ je le prononcerai et les démons se dresseront frappés de stupeur et d'effroi ‑ d'amener et de joindre comme compagnon de vie Urbanus, qu'a enfanté Urbana, à Domitiana, qu'a enfanté Candida, amoureux et se languissant d'elle, tôt, vite. Je t'adjure, toi qui as fait le grand luminaire et les astres dans le ciel par un simple ordre de ta voix, si bien qu'ils sont visibles à tous les hommes ; je t'adjure, toi qui as secoué le monde entier, qui décapites et mets en ébullition les montagnes, qui rends la terre tremblante et en renouvelles les habitants ; je t'adjure, toi qui as fait des signes dans le ciel et sur la terre et sur la mer, d'amener et de joindre comme compagnon de vie Urbanus, qu'a enfanté Urbana, à Domitiana, qu'a enfantée Candida, amoureux d'elle et ne dormant plus par désir pour elle, se languissant d'elle et lui demandant de revenir dans sa maison et d'être sa compagne. Je t'adjure, dieu grand, éternel, maître de tout, que redoutent les monts et les bois dans le monde entier, devant qui le lion lâche sa proie, par qui les montagnes tremblent ainsi que la terre et la mer, et chacun s'assagit à cause de la crainte qu'il a du Seigneur éternel, immortel, qui voit tout, hait le pervers, sait tout ce qui se produit de bien et de mal par la mer, par les fleuves, par les montagnes et la terre, Aôth Abaôth, le dieu d'Abraham, et Iaô d'Isaac, Aôth Abaôth, le dieu d'Israël : amène, joins Urbanus, qu'a enfantée Urbana, à Domitiana, qu'a enfantée Candida, amoureux, affolé, torturé par la passion, par l'amour, par le désir de Domitiana, qu'a enfantée Candida ; joins‑les par le mariage et l'amour, pour qu'ils vivent ensemble tout le temps de leur vie ; fais qu'il lui soit soumis d'amour comme un esclave, ne désirant aucune femme ni fille, mais qu'il n'ait que Domitiana, qu'a enfantée Candida, pour compagne pendant tout le temps de leur vie, tôt, tôt, vite, vite. »

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